Ainsi donc, La Poste, société anonyme de droit public dont la Confédération suisse est le seul actionnaire, déroule le tapis rouge à Amazon, une entreprise étrangère, pour faire concurrence au commerce des entreprises suisses.

«La disruption du commerce de détail suisse ne fait guère de doute auprès des consultants. Il suffit pour cela qu’Amazon transfère le contenu du site internet de la plateforme allemande Amazon.de sur Amazon.ch. (…) Ainsi, les 229 millions de produits disponibles en Allemagne seront à la disposition des consommateurs suisses (à quelques exceptions). (…) En Suisse, la plateforme n’a nul besoin d’ouvrir un centre de logistique. L’accord avec La Poste lui permettra de passer la douane en trois heures et de livrer les produits dans les 24 heures.»

Dans le même temps, La Poste a prétendu en juin dernier ne pas être en mesure pour des «raisons techniques» de mettre en application la réforme de la TVA prévue pour janvier 2018. Une réforme consistant en la suppression de la franchise sur les ventes en ligne effectuées par des entreprises étrangères réalisant plus de 100'000 francs de chiffre d'affaires annuel en Suisse. L'objectif de cette réforme repoussée du coup au 1er janvier 2019 est d'une part de réduire la distorsion de concurrence entre sites étrangers et sites suisses, ceux-ci facturant la TVA dès le premier franc réalisé, et d'autre part d'assurer plusieurs dizaines de millions de recettes à la Confédération.