L’agence Reuters a mis en ligne un dossier d’envergure sur la politique d’influence du plus grand cigarettier du monde.

«Des documents internes confidentiels et des entretiens avec des employés actuels ou passés de Philip Morris révèlent une offensive qui s’étend de l’Amérique à l’Asie en passant par l’Afrique, des miséreux champs de tabac aux antichambres du pouvoir politique, constituant ce qui pourrait être l’un des plus ambitieux efforts de lobbying en cours.»

Les enquêteurs de Reuters s’efforcent de démonter la stratégie complexe et multi-fronts utilisée par Philip Morris pour saper le Traité global contre le tabagisme. Manœuvres de coulisses, pressions, corruption… et avant tout communication! Car, bien entendu, la multinationale affiche publiquement son soutien à cet accord qu’elle s’emploie à détruire:

«Dans un document interne, la compagne affirme qu’elle soutient la mise en place de ce traité. Mais Philip Morris en est venue à le considérer comme un “train fou bureaucratique" piloté par des “extrémistes anti-tabac"…»

Bref, un véritable Art de la guerre appliqué au front de la consommation…

On s’étonnera modérément que la pieuvre tabagique, dont le siège mondial est à Lausanne, ait pu commercialiser sans problème en Suisse son «alternative à la cigarette» (IQOS) à base de tabac, malgré l’existence d’une étude compromettante sur ses effets, ceci alors que le vapotage (même sans tabac!) fait l’objet d’une règlementation minutieuse dans ce même pays.